Light-Scan #3 | Collaboration avec l'artiste Red Tweny
- Guillaume Le Guen
- 16 avr.
- 4 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 3 jours
Depuis la dernière mise à jour, 5 shootings de light-scan ont eu lieu (les 08/02, 19/02, 13/03, 24/03 et 26/03) avec Kurativ, Thomas Bienvenüe et également Mel qui s'est joint à nous le 24/03. Pour ces nouvelles sessions, la principale nouveauté était une toute nouvelle lentille spotlight bien plus légère que la première ce qui l'a rendue bien plus maniable. En l'acessoirisant on a pu tester plusieurs rigs en fonction des besoins de chaque image.

J'avais précédemment évoqué mon envie de reproduire des illustrations de l'artiste Red Tweny qui nous a depuis accordé l'autorisation d'utiliser ses œuvres pour notre projet. On a donc pu reproduire 4 de ses portraits que voici comparés à leurs inspirations respectives :
La première image nous a permis d'aborder la notion de "déformation de bougé" (à l'instar du flou de bougé) : ici la déformation est provoquée par un mouvement de l'appareil photo plutôt que du modèle ou du projecteur. Le balayage est simple, le modèle est immobile, mais le mouvement panoramique opéré sur l'appareil permet des déformations intenses et nettes.
La deuxième a posé le problème de la limitation de la distance entre le sujet et la source la lumière ; en effet, pour obtenir le même contraste lumineux que sur le dessin de Red Tweny, il nous aurait fallu rapprocher le projecteur très près du modèle (pour augmenter le contraste en profitant de la loi du carré inverse à la distance) ce qu'on n'a pas réussi à faire. Ci-dessus j'ai amélioré le rendu à l'editing, mais le contraste était moindre et reste sensiblement insuffisant malgré la retouche. Peut-être que la focalisation de la lumière induite par la lentille joue sur la distance effective au sujet ; en tout cas la distance était également limitée par la réduction de l'angle du faisceau provoquée par la focalisation.
La troisième a quant à elle été la plus difficile à refaire en raison de la précision des balayages à effectuer. La méthode impliquait ici d'opérer deux balayages très proches l'un de l'autre ; on a décidé de superposer partiellement les faisceaux au niveau du front pour simplifier la tâche.
La dernière image n'est pas la plus complexe à réaliser mais se démarque car elle compile à la fois un balayage à la lumière, un déplacement du modèle et un mouvement de l'appareil photo. Chaque participant doit faire un mouvement simple mais en se synchronisant avec les autres pour que l'effet fonctionne.
On a aussi eu l'occasion de tester une légère diffusion du faisceau par exemple avec ces effets de traînées sur des images de Kurativ :
Sur ces images ci-dessus, les visages sont éclairés avec une source nue, puis le projecteur passe derrière un filtre de diffusion (spun) pour le balayage de la traînée. Le choix du spun permet de conserver une certaine focalisation et conserve au mieux l'intensité lumineuse (même si une perte d'éclairement se remarque malgré tout). L'effet est une sorte de halo et de lissage du sujet sur les parties filtrées ; le rendu est sensiblement similaire à ce qu'on obtiendrait avec un filtre de diffusion sur l'objectif. L'inconvénient qu'on a rencontré cependant est l'apparition d'image fantôme si le balayage est trop imprécis.
Le 13/03, j'ai fait le shooting tout seul, ce qui m'a permit d'imaginer d'autres méthodes de balayage. J'ai commencé par adapter le rig pour être tenu à une main et ai pris quelques images en me balayant avec le projecteur à bout de bras :
Une autre technique consiste à installer le projecteur sur un trépied vidéo et à utiliser un contre-poids pour amorcer un mouvement de tilt (haut/bas) et profiter de la friction pour régler la vitesse de balayage. C'est assez rudimentaire, il faut être synchrone et réactif pour se mettre en place, mais ça fonctionne et ça permet de faire des clichés avec mes deux mains à l'image :
Les prochains shootings sont déjà prévus courant avril. Pour ceux-ci, voilà les pistes à explorer :
Poursuivre les reproductions de dessins par Red Tweny ; un vote va d'ailleurs arriver bientôt sur insta pour déterminer la prochaine illustration de Red Tweny qu'on abordera en shooting. Au passage, d'autres influences peuvent être intéressantes aussi.
J'aimerais me concentrer sur des déformations dans la profondeur de l'image (à la manière de la toute première photo de ce fil avec la main en noir et blanc). C'est LA possibilité spécifique qu'offre le light-scan par rapport à d'autres techniques : la plupart des trucages faits depuis le début seraient faisables soit avec du slit-scan soit avec de la surimpression. Il faut qu'on ouvre la technique à cette troisième dimension qu'est la profondeur pour créer des images vraiment représentatives de ce que permet le light-scan.
L'idée de reproduire des scanographies (voir MAJ précédente) reste à tester également.
À terme, garder en tête de nous procurer d'autres spotlights pour éclairer à plusieurs projecteurs. Si possible une lentille plus large.
À encore plus long terme, l'idée de nous procurer un slider motorisé nous permettrait d'améliorer le rendu des balayages en supprimant le problème de stries, faciliterait grandement les shootings et les rendrait plus efficaces.
Changer d'échelle de plan et tenter de faire jouer le corps entier des modèles.
De manière générale varier les directions de lumière pour donner du corps aux images (à l'instar de mon shooting solo).
Je suis très content de voir la direction et le corps que prend le projet, ça devient petit à petit de plus en plus concret et on continue à faire des découvertes !




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